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Bone Crusher est une trace de mes visites et rencontres avec le personnel d'un abattoir. Il prend la forme d’une série de photographies argentiques autour du motif et de l’organique ; du travail répétitif dans un milieu horrifique ; de l'anonymat des corps, animal et humain. Ces images répondent à cinq monologues écrits par Nina Bigot, enseignante et chercheuse. L'abattoir, lieu interdit, se montre/donne à voir au cours de cet éloge de la chair et de sa détérioration.

Après Ducasses, il est de nouveau question du visible et du caché, de l’imaginé à la réalité ici glaçante. 

«La série de photographies sur le thème de l’abattoir de Charlotte Guerlus est un exemple de cette bravade de l’interdiction de soulever l’épiderme ; en disséquant le corps écorché, c’est l’interdit, inhérent au secret, qui est montré et ressenti. Le secret de la chair devenue viande, ainsi qu’en pleine mutation vers la charogne, celui de la peau détachée et étirée, des organes isolés dans des bassins, des têtes coupées et alignées dans un réservoir - en somme, l’abattoir comme vaste surface d’exposition – presque vitrine – du monde caché et effrayant. Assister à l’ouverture d’un corps, c’est permettre au cerveau d’imaginer l’ouverture du sien, réaction qui se prolonge dans tout l’organisme.» (Texte de Nina Bigot)

Bone crusher, édition papier, 80 pages, 21x14 cm, 2020

Bone Crusher is a record of my visits and meetings with the staff of a slaughterhouse. It takes the form of a series of silver photographs around the motif and the organic, repetitive work in a horrifying environment, the anonymity of the body, animal and human. 

These pictures correspond to five monologues written by Nina Bigot, teacher and author. The slaughterhouse, a forbidden place, unfolds through this eulogy to the flesh and its deterioration.

After Ducasses, it's again a question of the visible and the hidden, of the imagined to the reality here chilling.

"The series of photographies on the theme of the slaughterhouse by Charlotte Guerlus is an example of this bravado of the ban on lifting the epidermis; in dissecting the flayed body, it is the prohibition, inherent in the secret, which is shown and felt. The secret of flesh turned into meat, as well as in full mutation towards carrion, the loose and stretched skin, organs isolated in basins, severed heads lined up in a tank - in short, the slaughterhouse as a vast exhibition area - almost a showcase - of the hidden and frightening world. To witness the opening of a body is to allow the brain to imagine the opening of its own, a reaction that extends throughout the body.” (Text by Nina Bigot)

Bone crusher, paper edition, 80 pages, 21x14 cm, 2020

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Ma dernière visite fût uniquement extérieure aux bâtiments. J'ai fait le tour complet des abattoirs, en tentant d'enregistrer les bruits provenant de l'intérieur. Cette dernière étape est comme une marche solennelle, ou le dehors paisible et lumineux fait presque oublier le cloisonnement, le bruit constant des machines et des bêtes, l'odeur omniprésente, les visions cauchemardesques de l'intérieur de l'abattoir.

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My last visit was only outside the buildings. I went around the slaughterhouses, trying to record the noises coming from inside. This last stage is like a solemn walk, where the peaceful and luminous outside almost makes one forget the partitioning, the constant noise of machines and animals, the omnipresent smell, the nightmarish visions of the interior of the slaughterhouse.

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